Communiqué de presse FNSF: Défendons les dispositifs dédiés aux femmes victimes de violences

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes, la Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF) alerte sur les attaques croissantes visant les dispositifs dédiés aux femmes victimes de violences. Ces dispositifs, fruit de plus de quarante ans d’expertise féministe, sont aujourd’hui remis en cause, accusés à tort d’être « anti-hommes » ou « sexistes ».

Sous couvert de défense de l’« égalité » des discours de plus en plus fréquents, issus notamment des mouvances masculinistes, s’en prennent à l’existence même des lieux, services et politiques publiques spécifiquement dédiés aux femmes.

Ces attaques ne sont pas anodines : elles remettent en cause la reconnaissance des violences spécifiques faites aux femmes et menacent la sécurité, la liberté et les droits des femmes victimes.

Créée dans la lignée du Mouvement de libération des femmes, la FNSF a bâti dès la fin des années 1970 un réseau d’associations agissant concrètement pour la liberté, l’égalité et l’intégrité des femmes avec la création des premiers lieux d’accueil et d’hébergement dédiés aux femmes victimes de violences conjugales puis en 1992 avec le lancement d’une ligne d’écoute dédiée aux femmes victimes de violences qui deviendra le 3919.

Un besoin spécifique, reconnu et documenté

Les violences faites aux femmes ne sont ni accidentelles, ni marginales : elles sont structurelles et systémiques.

C’est précisément pour répondre à cette réalité que les dispositifs dédiés ont été créés reposant sur deux principes essentiels :

  • la non-mixité, condition indispensable pour garantir un espace de sécurité et de parole libre ;
  • la liberté de choix et le pouvoir d’agir des femmes, au cœur de leur accompagnement.

Ces structures, qu’il s’agisse du 3919 ou des centres d’hébergements spécialisés, sont le fruit d’une expertise féministe, ancrée dans la connaissance fine des mécanismes de violences de genre et de leurs conséquences. Elles répondent à un besoin crucial : permettre aux femmes de se reconstruire en dehors des rapports de domination et de contrôle qui les ont détruites.

Un déni de la réalité des violences

Les attaques récurrentes contre les dispositifs dédiés s’inscrivent dans une offensive idéologique plus large, portée par des discours masculinistes et antiféministes. Ces discours prétendent défendre l’égalité en exigeant la mixité ou l’ouverture de ces dispositifs aux hommes victimes. Mais derrière cette revendication se cache une volonté de nier la spécificité des violences faites aux femmes, de relativiser les rapports de domination, et, au fond, de délégitimer les luttes féministes.

Cette stratégie de confusion, qui place sur le même plan toutes les violences, sans distinction de contexte, de fréquence ou de finalité, conduit à invisibiliser la dimension systémique des violences sexistes et sexuelles. Elle fragilise et influence les politiques publiques existantes, détourne les financements, met en péril les structures qui, depuis des décennies, protègent et accompagnent les femmes victimes, et menace des outils essentiels de protection et d’émancipation pour les femmes victimes de violences.

Les dispositifs dédiés ne sont pas une « préférence » mais une nécessité vitale. Ils ne sont pas construit « contre les hommes » mais pour les femmes. Les supprimer ou les diluer au nom d’une prétendue équité reviendrait à renvoyer les femmes dans le silence, la peur et la dépendance.

Contre l’offensive masculiniste, la FNSF appelle à renforcer le soutien aux dispositifs féministes

  • Renforcer le soutien aux associations spécialisées engagées aux côtés des femmes victimes de violences ;
  • Poursuivre la création de places d’hébergements spécialisés pour les femmes victimes de violences et leurs enfants ;
  • Garantir l’inconditionnalité de l’accueil aux dispositifs de mise en sécurité pour toutes les femmes victimes de violences ;
  • Reconnaître l’accompagnement spécialisé « Femmes victimes de violences », mise en sécurité, un accompagnement social global spécialisé par des professionnel.les formé.es et un accompagnement juridique, comme mesure spécifique dans le cadre de la politique de l’hébergement et/ou du logement d’abord, avec des moyens dédiés.
  • Conserver une écoute spécialisée au 3919 pour permettre un accompagnement adapté et répondant aux besoins spécifiques des femmes victimes

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